Kate , Delikate's profile°¯°·.¸.->Bienvenue chez ...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
September, 2006 ENFINBonjour à vous tous,
J'ai disparu de la circulation sans vraiment le vouloir !!! Depuis les changements survenus chez MSN, c'est la première fois que j'arrive à accéder à mon espace perso !!! Et oui ! A chaque fois j'avais un message spécifiant "Espace perso unvailable" et "veuillez réessayer plus tard".
Franchement je n'avais pas envie de créer un 3ème espace !!! alors je me suis occupée à autre chose :
Je suis tombée par hasard sur un site proposant des cours psp via son forum et je me suis inscrite.
Alors, chers amis, si vous voulez vous aussi maîtriser paint shop pro courez vite chez Heavy ; vous travaillerez dans la joie et la bonne humeur avec un prof hors du commun ; des exercices à faire à votre rythme, un forum accueillant, un diplôme en fin de niveau, et votre carte de membre, etc, etc !!!
En attendant vous pouvez visiter son site http://www.humeur-creat-heav.com/
et vous inscrire sur le forum
J'ai été un peu déconnectée du monde des bloggeurs... merci msn et j'ai vu que pendant mon absence, certains sont restés fidèles et m'ont rendu visite... Je tâcherai donc d'y répondre le plus rapidement possible.
Je vous embrasse tous
Amitiés
Delikate The Da Vinci Code
Synopsis :Une nuit, le professeur Robert Langdon (Thom HANKS), éminent spécialiste de l'étude des symboles, est appelé d'urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné, mais avant de mourir, il a laissé de mystérieux symboles... Avec l'aide de la cryptologue Sophie Neveu (Audrey TATOU), Langdon va mener l'enquête et découvrir des signes dissimulés dans les oeuvres de Léonard de Vinci. Tous les indices convergent vers une organisation religieuse aussi mystérieuse que puissante, prête à tout pour protéger un secret capable de détruire un dogme deux fois millénaire...
|
|
Maman, tu me manques, Ma famille me manque Ma maison me manque, Tout me manque... Maman je me languis de toi ; toutes ces années passées loin de toi me pèsent de plus en plus. J'ai encore besoin, toujours besoin de tes bras solides qui ne fléchissent jamais ; Besoin de tes sourires, besoin de tes mots d'amour, de ta chaleur... Besoin de toi tout simplement ma douce maman.
| |||
|
| |||
|
|


L’Amitié totale est universelle.
Et seule l’Amitié universelle peut être une Amitié totale.
Tout lien particulier manque de profondeur s’il n’est ouvert à l’Amitié universelle.
(Jean Guitton)



L’Amitié est une émanation de l’âme.
C’est en quelque chose qu’on sent.
On ne la donne pas en échange d’un autre don.
(Graham Greene)

|


Je n’ai pas eu beaucoup de temps à consacrer à mon space depuis quelques temps (je passe mon temps libre avec une amie qui vient d'ouvrir un salon de coiffure ; je l'aide pour les shampooing, couleurs, mêches, etc, etc et ça me plait beaucoup. En quelque sorte je suis son apprentie puisque mon désir serait d'avoir mon propre salon mais plus esthétique que coiffure ! En tout état de cause, sachez que je pense à vous…
Je m’en vais à Marseille pour ce week-end et, avant de partir, je tiens à vous souhaiter une excellente fin de semaine et un très bon week.
Signez mon livre d’or. Merci. Kisses
Délikate


|
|
|
Votre empreinte sur mon livre d'or pour mon grand plaisir
|
Cela fait 
mn et 
secondes que vous êtes sur cette page ....
Merci à toi Gen pour la création de ma bannière………… Amitiés

http://spaces.msn.com/creationgen25
PAS DE COMMENTAIRES SUR CE BILLET S.V.P. ; JE LE DEPLACE REGULIEREMENT . MERCI DE VOTRE COMPEHENSION

Par ce billet, je tiens à remercier tous ceux qui ont laissé un p'tit com sur mon space et ci-dessous vous verrez mes p'tits cadeaux offerts par mes amis bloggeurs (Chipette, Toubib, Gen, Poucinette...)




|
_________ @@@@@@@ ________@@@________@@_____@@@@@@@ ________@@___________@@__@@@______@@ ________@@____________@@@__________@@ __________@@________________________@@ ____@@@@@@______@@@@@___________@@ __@@@@@@@@@__@ une @@_________@@ __@@____________@@@ @@@_______@@ _@@____________@@ pensee@@_____@@ _@@____________@@@ du @@___@@@ _@@@___________@@ toubib @@____@@ __@@@@__________@ @______@@ ____@@@@@@_______________________@@ _________@@_________________________@@ ________@@___________@@___________@@ ________@@@________@@@@@@@@@@@ _________@@@_____@@@@@@@@@@ __________@@@@@@@ ___________@@@@@@@ ____________________@ ![]() ____________________@ _____________________@ ______________________@ ______________________@____@@@ ______________@@@@__@__@_____@ _____________@_______@@@___@@ ________________@@@___@ ________________________@ |
______..___8"=,,88,_.___________________ _______8""=""8'__"88a88'_________________ __.._.;88m_a8___,8""_"8__________________ ___"8"'__"88"__A"_____8;_________________ _____"8,__"8___8_______"8,______________ ______"8___8,__8,_______"8______________ _______8,__"8,_"8,_______8,______________ _______"8,__"8,_"8mm""""""8m.____________ ________"8,am888i"'___I3,mm"____________ ________,8"___8"__I3.m888"______________ _______,88P"""""I3I888888________________ _______"'_________"I888_________________ ____________________"I8________________ _____________________"I8_______________ ______________________"I8______________ ___________,mmeem.m""i,_I8""__,mmeem,'._ _________m""____._"8.8_I8__,8"___.__"8____ ________i8__._'__,mi""8I8_,8_._'__,8"88_____ ________88.'_,mm""_____"8I88"m,,mm'"_____ ________"8_m""_________"I8___""'_________ _________"8_____________I8_____________ ________________________I8_____________ ________________________I8""____________ ________________________I8_____________ ________________________I8_____________ _______________________""I8_____________ ________________________I8_____________ _______________________,I8_____________ _______________________,I8_____________ ______________________,,I8______________ ![]() |
Toubib, cher Toubib ;
toujours une petite pensée... Elles sont belles tes fleurs !!!
http://www.clickoblog.com/abd288ce5bce898e82ff1fdb8aae035f8
Citer
ALERTE SUR LE NET!!!
Alerte !!!
Passez la flèche de la souris sur l'écran.Mettez le son (musique)affiche-le sur ton blog et invites tes amis à le faireclik sur ajouter au blog en bas à droite
Ketty
Source : http://spaces.msn.com/esoulot31
|
|
Walter vient d'épouser une jeune Belge, Corine. Ils partent en voyage de noces et arrivent à l'hôtel pour leur première nuit. Ils prennent leur clef, puis cherchent leur chambre. Corine stoppe devant une porte et dit : - Oh regarde!...Comme c'est touchant!...Ils ont mis nos initiales sur la porte!! - Mais non...C'est la porte des toilettes!
|
|
- Si tu n'arrêtes pas de faire l'imbécile, je t'enferme dans le poulailler!
- J'm'en fiche!...J'pondrai pas!!
Un type entre dans un commissariat :
- J'ai reçu des lettres de menaces!!
- Avez-vous une idée de l'identité de leur auteur ?
- Oui...Elles viennent du percepteur!
|
|
Deux types se retrouvent au commissariat pour ivresse sur la voie publique : - Profession ? demande l'agent. - Hic...Chômeur! - Et vous ? - Qui ?...Hic...Moi ?...J'suis son secrétaire! |
Louis DELGRES, officier français originaire des Antilles, mort pour l'abolition de l'esclavage proclamait ceci le 10 mai 1802 :
"... les maximes de la tyrannie la plus atroce sont surpassées aujourd'hui. Nos anciens tyrans permettaient à un maître d'affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la Philosophie, il existe des homes (...) qui ne veulent voir d'homes noirs ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l'esclavage. (...) La résistance à l'oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause. Elle est celle de la Justice et de l'Humanité.
(Mes respects Monsieur DELGRES !)
Cette journée du 10 mai est donc dédiée aux résistants de 1802 (Ignace, Solitude, Delgrès...).
Mir-France (Mouvement International pour les Réparations veulent :
- Que le 10 mai devienne jour FERIE
- Que les rues portant les noms des négriers soient DEBAPTISEES.
Cette commémoration s'inscrit dans la continuité des manifestations organisées depuis 1998, qui ont abouti à l'adoption en mai 2001 d'une loi reoconnaissant la traite et l'esclavage comme CRIMES CONTRE L'HUMANITE. La loi n°2001-434 de mai 2001 a permis au gouvernement de fixer le 10 mai, date officielle de commémoration nationale.
Jour symbolique, s'il en est un, puisque date anniversaire de l'appel lancé par DELGRES et ses compagnons, exhortant la population de la Guadeloupe à résister par tous les moyens au rétablissement de l'esclavage par Napoléon en 1802.
Le 10 mai 2006...
Ou le rôle négatif de 40 + 1 salopards !
- Acte 1 - Jadis, mais il n'y a pas si longtemps, des hommes - blancs - vivaient sur leurs continents. Européens. Libres. Certains fabuleux. D'autres merveilleux. Quelques-uns, dotés génétiquement d'une rapacité démesurée et d'un sens élevée du mépris, ont décidé de faire fructifier - à l'œil - leur capital. Mais comment faire ? Où dégoter la main-d'œuvre, la matière malléable, inépuisable, corvéable et jetable à l'infinie ? Mais c'est bien sûr, en Afrique ! Y'a qu'à se l'approprier et se servir à profusion. Les sauvages, noirs donc nègres, au lieu de gambader heureux à faire le zouave dans la brousse en jouant à l'être humain, seraient plus utiles à bâtir notamment la France... Et puis, les femelles négresses, un sac sur la tête, pourraient parfaitement servir de paillasses parlantes pour l'agrément des malfaisants et la satisfaction biologique des pervers... Dès lors, les portées viendraient palier les exécutés. Il n'y a pas de petits profits ! Bref, une criminelle idée - géniale - avait subitement germé dans la tête du frère blanc, si beau, si intelligent, si instruit, si... b Aussitôt dit, aussitôt fait. Bateaux construits dans les normes. Négriers réglementaires, adaptés à la manip. Équipages formés. La gigantesque extermination pouvait démarrer. Cap Sud ! Coursés lors d'interminables razzias parfaitement organisées, des êtres humains étaient kidnappés, arrachés à leur terre, les récalcitrants exécutés sans autre forme de procès - des rabatteurs dépourvus de tous scrupules, souvent sous la contrainte, prêtaient quelquefois main forte... Les vieillards fatigués étaient achevés à la machette : ça coûte moins cher... Les rescapés enchaînés, triés, palpés, humiliés... L'île de Gorée... Précipités dans le ventre sans fin et la matrice assassine des négriers - agencés comme des sardines en boite... Normal : rentabilité oblige !...
Amarrés sous le seuil de flottaison, prêts à faire l'unique voyage de leur vie. Larguez les amarres ! Direction les Amériques ! Beaucoup crevaient dans d'atroces souffrances, non sans avoir pataugés dans leur sang, leur vomi et leurs excréments - leur râle berçant la placidité des maîtres... Alors, le dernier souffle venu, les restes entamés par la vermine étaient balancés par dessus bord. Amen... Est-ce l'esprit de mes ancêtres qui me revient de manière lancinante à la vue d'un poisson ?... Mes pères, nos mères, se seraient-ils réincarnés en animal de mer au point que de savoir tout le mal qu'ils ont subi m'insupporte à l'idée de devoir manger les fruits de cette mer ?... Va savoir Charles... Les survivants ont été déportés en masse entre le XVIIe et le XIXe siècle. Entre dix et quinze millions d'Africains ont donné leur sueur, leur sang et toujours leur existence pour que prospèrent l'Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, l'Angleterre, la France, etc. D'aucuns disent plus, le macabre comptage des macabés jetés en pâture dans le grand bleu étant aléatoire. On ne va pas chipoter pour si peu... La chair des nègres a nourri l'Europe et engraissé la France. C'est une réalité ! La traite était à peine chuchotée, pudiquement appelée « commerce triangulaire... » Les négriers partaient des grands ports comme Nantes, Bordeaux, La Rochelle, Liverpool, chargés d’armes ou de babioles (tissus, verroterie, etc. ), qui étaient échangés contre des nègres en longeant les côtes africaines, qu'ils déportaient comme esclaves dans leurs colonies. Une sorte de troc s'était installé. Des « frères égarés » se laissaient affabuler par des enjôleurs prêts à tout ! Ce commerce lucratif a permis à l'Europe de se bâtir et à la France de s'enrichir : sans bourse déliée... C'est un fait ! Les îles des Amériques bercées par les Alizés et le soleil à gogo ? Et tout ça gratos ? Que demande le nègre ! Allez au turbin ! Exploités, déshumanisés, ils ont été chosifiés... légalement... En mars 1685, à Versailles, la ville des lumières et de la vanité, Louis le Quatorzième, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre déclarait dans sa grande bonté « les esclaves êtres des meubles. » Le Code Noir était né... Implacable de précision. Parfaitement pensé. Splendidement ordonnancés, les 60 articles s'agençaient avec une rectitude sublime... Grand et magnanime le Louis... Magnifique...
Florissant ce commerce ne dérangeait outre mesure la morale des colons... La magnificence, la grandeur et la richesse de la France et de l'Europe s'érigeaient sans bruit et sans trompette, sur les cadavres en décomposition des nègres... Passons sur les viols, les émasculations, les membres arrachés, les mollets coupés, les têtes réduites et brandies à bout de pic comme des trophées de guerre... Vétilles ! Les marrons l'ont bien cherchés ! Même pas reconnaissants ! Ca tournait rond dans les colonies françaises. L'organisation méticuleuse de la vie des meubles - les esclaves l'étant dorénavant - ne laissait aucune place à l'improvisation, voire à leur existence même en dehors du labeur. L'espérance de vie était en moyenne de 27 ans pour les plus robustes... Marquons une pose. Pensons à ces femmes, nos mères, nos mamans... Quelle vie intime ont-elles pu avoir dans un tel contexte de terreur ?... Quel épanouissement féminin de celles qui donnent la vie, sinon le plus souvent être culbutée comme des bêtes dans les plantations par les riches colons ventrus, sentant la mort à perpette ! Imaginons un instant les accouchements, que dis-je, les mise bas et l'exécution immédiate des résidus de fausse couche si le colon n'en voulait pas... Enfin... - Acte 2 - Cette extermination programmée et magistralement exécutée aurait pu durer Ad Vitam Eternam, mais la révolution française est passée par là. Le 26 août 1789, la Constituante abolit les privilèges et proclame les Droits de l’Homme et du Citoyen. Cependant l’abolition de l’esclavage ne sera proclamée qu’en février 1794. Les représentants des planteurs et les assemblées coloniales s’y étaient fermement opposés, menaçant même de déclarer leur indépendance. Rien que ça ! Passons sur les révoltes et les combats héroïques de nos vaillants ancêtres comme Toussaint Louverture à Saint-Domingue (Haïti). Les commissaires de la République française (Sonthonax et Polverel) dans cette île - ventre particulièrement fécond de la France - proclamèrent alors, à l'été 1793, la liberté générale des esclaves, sous l'amicale pression et la détermination de nos aïeux ! Mais cette première abolition fut nulle dans les colonies, sauf à la Guadeloupe où elle trouva un début d’application. Toutefois ce répit fut de courte durée. Quant à la Martinique - mon île chérie - les Anglais s'en étaient emparés comme des voleurs ! L'avènement fin 1789 de Napoléon Bonaparte, général de la Révolution puis empereur des Français sous le nom de Napoléon 1er (accessoirement président de la République et roi d'Italie), allait tout remettre en cause... Décrétant : « l'esclavage ainsi que la traite des noirs et leur importation dans lesdites colonies auront lieu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789 », il en remettait une couche ! En mai 1802, après la signature d'un traité avec le Royaume-Uni, la Martinique était restituée à la France. Tout était à refaire... Jamais l'Afrique ne verrait le bout de sa souffrance et l'extermination de ses enfants... Les fournées se succédaient au rythme d'arrivée des navires bourrés aux as... Le 7 juin 1802, Napoléon fait arrêter et déporter Toussaint Louverture (avec sa famille), qui avait pris la tête de la révolte des esclaves noirs de Saint-Domingue onze ans plus tôt. Toussaint, s'appuyant sur les idéaux de la Révolution et confiant dans les hommes censés les symboliser, avait rallié l'île à la France. Comme quoi... Un an plus tard, il mourrait au Fort de Joux (Doubs) où il avait été embastillé... Quant aux armées napoléoniennes, elles provoquèrent bien des massacres lors de la deuxième révolte des esclaves de Saint-Domingue avant que ceux-ci en sortent victorieux et créent la première République Noire indépendante en janvier 1804. Ouf... Mais c'était sans compter sur la cupidité sans bornes des colonisateurs, esclavagistes invétérés ! Aussi, et en souvenir de mes cousins d'Ayiti, la terre des pentes, permettez-moi de vous citer un passage de l'excellent texte de mon frère - blanc - Jabiru, le Saint martinois d'adoption, qui, dans le magazine discover de Sint maarten, écrivait s'agissant du bi-centenaire de la création d'Haïti : Aussi la déclaration au Sénat de Lucette Michaux-Chevry, sénateur de la Guadeloupe, notamment : «... Les Guadeloupéennes accouchent dans les couloirs des hôpitaux parce que les Haïtiennes et les Dominicaines ont pris leur place... », prend, dès lors, un écho particulièrement immonde ! Mais ce ne sont que les relents intellectuelles de la colonisation ! Nous, les descendants d'esclaves, préférons avoir une pensée pour notre GRAND, grand-père à tous, Louis Delgrès, qui préféra mourir avec ses 300 compagnons d'armes que de se rendre. Il faudra attendre 1848 pour que la France abolisse définitivement l’esclavage. Victor Schœlcher, Sous secrétaire-d'État à la Marine et aux colonies, contribua à faire adopter le décret du 27 avril 1848 sur l'abolition de l'esclavage dans les Colonies. Merci... Cent ans plus tard, le 10 avril 1948, j'arrivais parmi vous... En un clin d'œil, les rescapés de la « grande aventure » étaient libres... Estampillés CITOYENS FRANÇAIS ! Paumés. Sans aucun moyen de subsistance, sans case pour se loger, ils sont restés à la disposition du maître - qui l'était de fait - poursuivant leur travail comme si de rien n'était... Même les Américains ont cédé un lopin de terre et un âne à leurs nègres libérés... Mais la France, dans sa grande générosité, n'a pas jugé utile de dédommager cette masse informe d'esclaves ; les finances de l'État servant d'abord à compenser le manque à gagner des colons... Normal, NON ! - Acte 3 - « Fulbert, je te sens perturbé. A ton âge, ne te tracasse plus la tête avec tout ça. C'est du passé. » D'accord l'ami, mais aujourd'hui avec tout ce qu'on voit, tout ce qu'on entend et tout ce qui est en gestation ici dans l'Hexagone, nos enfants veulent savoir d'où ils viennent pour mieux comprendre leur passé et construire ensemble l'avenir avec leurs frères et sœurs blancs, dans un esprit de tolérance. Ils sont Français, mais noirs... Pourquoi ? Or ils ne l'ont pas appris à l'école, ou si peu... De mon temps, nous nous contentions du traditionnel « Nos ancêtres les Gaulois, les cheveux blonds et les yeux bleus. » Nous sommes Français un point c'est tout ! Mais nos jeunes trouvent ça un peu court. Leurs cheveux crépus, leurs peaux d'ébène et leurs yeux noirs tranchent avec l'éducation officielle de leurs parents, apprise sur les bancs des écoles de la République. Et puis, la réalité qu'ils vivent au quotidien leur ferme systématiquement la porte et quand bien même ils sont Français et diplômés. Pas de boulot. Pas de logement. Pas de perspective. Pas d'espoir... Alors... Ils ont le sentiment d'être les laissés pour compte d'un système qui les rejettent parce qu'ils sont noirs. Ils ne veulent plus de cela et posent des questions. « Pourquoi ne veut-on pas qu'ils parlent créole ? Pourquoi ne prononce t-on jamais le mot esclave ? A-t-on honte d'être noir ? Nous devrions tous être fier et digne de nos ancêtres. Pourquoi les parents acceptent-ils tout sans rien dire ? » Etc. Et puis, le 23 mai 1998 est arrivé. Sortant de tous les pores de la France hexagonale, plus de 40.000 mille Antillais et Antillaises se sont dressés d'un seul bloc pour crier : CA SUFFIT ! Des nègres et négresses africaines. Des métisses, chabins, chabines. Des blancs, des arabes, des juifs. Des musulmans et des asiatiques, bref, des femmes, des hommes, des enfants de bonne volonté de tout bord et de toute confession se sont joints à nous pour hurler aussi. Je profite de l'occasion pour remercier de tout cœur le docteur Serge Romana et ses collaborateurs de nous avoir rassemblé ce jour là. Merci docteur ! Merci les gars ! J'Y ÉTAIS ! Le clou était enfoncé, il ne restait plus qu'à bâtir la maison de la compréhension. Le chemin de la l'apaisement de toute cette souffrance était en marche lorsque le petit bout de femme, la député de Guyane, Christiane Taubira, montant à la tribune de l'Assemblé nationale, nous faisait tous pleurer avec son discours posé, mais ô combien sincère de vérité : pas de repentance, pas de ceci, pas de cela, mais tout simplement la juste reconnaissance comme crimes contre l'humanité de la traite négrière transatlantique et l'esclavage qui en a résulté. Le 10 mai 2001 la loi était votée... Merci... Poursuivant sur la lancé, le même 10 mai était choisi par le président de la République française, Jacques Chirac, sur proposition d'une commission ad hoc dirigée par Maryse Condé - la grande et ô combien merveilleuse et intelligente Guadeloupéenne - comme date de commémoration de l'abolition de l'esclavage. Il fallait une date. Beaucoup auraient préféré le 23, mais il en fallait une. Alors, que celles et ceux (comme moi) ont levé la tête le 23 mai 1998 se disent : l'essentiel est que le long chemin de souffrance de nos ancêtres ne doit pas nous diviser pour une date... - Epilogue - Alors que je boucle ce long et douloureux retour, j'entends une très petite voix, à peine audible, susurrer du fin fond de l'espace : « La France a pratiqué la traite négrière et l’esclavage. C’est une barbarie, un crime contre l’humanité. Mais elle n’a pas été la seule. Faire de l’esclavage l’unique visage de la France, c’est rayer d’un trait tous ceux qui ne l’ont pas pratiqué ou qui se sont élevés contre. Faire de toute la colonisation une entreprise criminelle, c’est commettre une faute à l’égard de la multitude des petites gens qui ont travaillé dur toute leur vie dans les colonies sans jamais exploiter personne ou qui de bonne foi y ont implanté des valeurs auxquelles ils croyaient. » Tout de même, un peu de retenue en ce jour de recueillement ! D'autres jaloux, 40 réactionnaires, révisionnistes lamentables ont lancé un dernier baroud pour tenté de jeter le discrédit sur les descendants d'esclaves que nous sommes en exigeant du président de la République la révision de la loi de Christiane. Ne vous laissez pas intimider pour si peu. Pas de provocation. Recueillez-vous profondément en vous disant : « les roquets jappent et la caravane de l'histoire passe : INEXORABLEMENT ! » Toutefois, et comme on dit chez nous : « Cé apré la vente makrio nou ka conté lé dépenss ! » Chaque chose en son temps. Recueillons-nous le 10. Mais dès le lendemain, ruez-vous dans vos mairies. Inscrivez-vous en masse sur les listes électorales. Nous en reparlerons le moment venu...
« Comment Haïti va pouvoir exister ?... En 1825, Charles X accepte officiellement l'indépendance de l'ancienne colonie en échange d'une pénalité financière. 90 millions de francs or, soit l'équivalent du budget annuel de la France de l'époque. Une petite île agricole d'un million de personnes face à une France impériale de 25 millions d'habitants. Cette dette et les intérêts seront réglés par la production de trois générations de paysans travaillant le long des pentes, sous le soleil, avec leurs bras, leurs mains et une machette. Le poids de cette ponction économique freinent - dès l'origine - le développement du pays, lui coupant ses ailes au moment de l'envol. Ce tribut a été soldé en 1893... » Même libres, les Haïtiens sont toujours esclaves de la vie... Mes frères, je vous aime...
Tchimbé rèd pa moli !
Adjudant-chef (er) Lucien Fulbert YOYOTTE, nègre et blanc à la fois...
Richelieu est l’un des pères fondateurs de la colonisation française.
1685 : Colbert, ministre de louis XIV, synthétise dans un texte sous le nom de "code noir " l’ensemble des instructions concernant les esclaves dans les colonies.
Dans ce texte, véritable institutionnalisation de l'esclavage, on trouve aussi outre les articles ayant trait aux esclaves, des articles consacrés aux étrangers, aux juifs, aux français de la Religion Réformée, dans l'esprit de la Révocation de l'Edit de Nantes.
LE CODE NOIR.... !!!!
Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre :
À tous, présents et à venir, salut.
Comme nous devons également nos soins à tous les peuples que la divine providence a mis sous notre obéissance, nous avons bien voulu faire examiner en notre présence les mémoires qui nous ont été envoyés par nos officiers de nos îles de l’Amérique, par lesquels ayant été informés du besoin qu’ils ont de notre autorité et de notre justice pour y maintenir la discipline de l’église catholique, apostolique et romaine, pour y régler ce qui concerne l’état et la qualité des esclaves dans nos dites îles, et désirant y pourvoir et leur faire connaître qu'encore qu'ils habitent des climats infiniment éloignés de notre séjour ordinaire, nous leur sommes toujours présent, non seulement par l’étendue de notre puissance, mais encore par la promptitude de notre application à les secourir dans leurs nécessités. A ces causes, de l'avis de notre conseil, et de certaine science, pleine de puissance et autorité royale, nous avons dit, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons ce qui suit.
Voulons que l'édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nosdites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d'en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens.
Tous les esclaves qui seront dans nos îles seront baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine. Enjoignons aux habitants qui achètent des nègres nouvellement arrivés d'en avertir dans huitaine au plus tard les gouverneur et intendant desdites îles, à peine d'amende arbitraire, lesquels donneront les ordres nécessaires pour les faire instruire et baptiser dans le temps convenable.
Interdisons tout exercice public d'autre religion que la religion catholique, apostolique et romaine. Voulons que les contrevenants soient punis comme rebelles et désobéissants à nos commandements. Défendons toutes assemblées pour cet effet, lesquelles nous déclarons conventicules, illicites et séditieuses, sujettes à la même peine qui aura lieu même contre les maîtres qui lui permettront et souffriront à l'égard de leurs esclaves.
Ne seront préposés aucuns commandeurs à la direction des nègres, qui ne fassent profession de la religion catholique, apostolique et romaine, à peine de confiscation desdits nègres contre les maîtres qui les auront préposés et de punition arbitraire contre les commandeurs qui auront accepté ladite direction.
Défendons à nos sujets de la religion protestante d'apporter aucun trouble ni empêchement à nos autres sujets, même à leurs esclaves, dans le libre exercice de la religion catholique, apostolique et romaine, à peine de punition exemplaire.
Enjoignons à tous nos sujets, de quelque qualité et condition qu'ils soient, d'observer les jours de dimanches et de fêtes, qui sont gardés par nos sujets de la religion catholique, apostolique et romaine. Leur défendons de travailler ni de faire travailler leurs esclaves auxdits jours depuis l'heure de minuit jusqu'à l'autre minuit à la culture de la terre, à la manufacture des sucres et à tous autres ouvrages, à peine d'amende et de punition arbitraire contre les maîtres et confiscation tant des sucres que des esclaves qui seront surpris par nos officiers dans le travail.
Leur défendons pareillement de tenir le marché des nègres et de toute autre marchandise aux dits jours, sur pareille peine de confiscation des marchandises qui se trouveront alors au marché et d'amende arbitraire contre les marchands.
Déclarons nos sujets qui ne sont pas de la religion catholique, apostolique et romaine incapables de contracter à l'avenir aucuns mariages valables, déclarons bâtards les enfants qui naîtront de telles conjonctions, que nous voulons être tenues et réputées, tenons et réputons pour vrais concubinages.
Les hommes libres qui auront eu un ou plusieurs enfants de leur concubinage avec des esclaves, ensemble les maîtres qui les auront soufferts, seront chacun condamnés en une amende de 2000 livres de sucre, et, s'ils sont les maîtres de l'esclave de laquelle ils auront eu lesdits enfants, voulons, outre l'amende, qu'ils soient privés de l'esclave et des enfants et qu'elle et eux soient adjugés à l'hôpital, sans jamais pouvoir être affranchis. N'entendons toutefois le présent article avoir lieu lorsque l'homme libre qui n'était point marié à une autre personne durant son concubinage avec son esclave, épousera dans les formes observées par l'Église ladite esclave, qui sera affranchie par ce moyen et les enfants rendus libres et légitimes.
Les solennités prescrites par l'ordonnance de Blois et par la Déclaration de 1639 pour les mariages seront observées tant à l'égard des personnes libres que des esclaves, sans néanmoins que le consentement du père et de la mère de l'esclave y soit nécessaire, mais celui du maître seulement.
Défendons très expressément aux curés de procéder aux mariages des esclaves, s'ils ne font apparoir du consentement de leurs maîtres. Défendons aussi aux maîtres d'user d'aucunes contraintes sur leurs esclaves pour les marier contre leur gré.
Les enfants qui naîtront des mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront aux maîtres des femmes esclaves et non à ceux de leurs maris, si le mari et la femme ont des maîtres différents.
Voulons que, si le mari esclave a épousé une femme libre, les enfants, tant mâles que filles, suivent la condition de leur mère et soient libres comme elle, nonobstant la servitude de leur père, et que, si le père est libre et la mère esclave, les enfants soient esclaves pareillement.
Les maîtres seront tenus de faire enterrer en terre sainte, dans les cimetières destinés à cet effet, leurs esclaves baptisés. Et, à l'égard de ceux qui mourront sans avoir reçu le baptême, ils seront enterrés la nuit dans quelque champ voisin du lieu où ils seront décédés.
Défendons aux esclaves de porter aucunes armes offensives ni de gros bâtons, à peine de fouet et de confiscation des armes au profit de celui qui les en trouvera saisis, à l'exception seulement de ceux qui sont envoyés à la chasse par leurs maîtres et qui seront porteurs de leurs billets ou marques connus.
Défendons pareillement aux esclaves appartenant à différents maîtres de s'attrouper le jour ou la nuit sous prétexte de noces ou autrement, soit chez l'un de leurs maîtres ou ailleurs, et encore moins dans les grands chemins ou lieux écartés, à peine de punition corporelle qui ne pourra être moindre que du fouet et de la fleur de lys; et, en cas de fréquentes récidives et autres circonstances aggravantes, pourront être punis de mort, ce que nous laissons à l'arbitrage des juges. Enjoignons à tous nos sujets de courir sus aux contrevenants, et de les arrêter et de les conduire en prison, bien qu'ils ne soient officiers et qu'il n'y ait contre eux encore aucun décret.
Les maîtres qui seront convaincus d'avoir permis ou toléré telles assemblées composées d'autres esclaves que de ceux qui leur appartiennent seront condamnés en leurs propres et privés noms de réparer tout le dommage qui aura été fait à leurs voisins à l'occasion desdites assemblées et en 10 écus d'amende pour la première fois et au double en cas de récidive.
Défendons aux esclaves de vendre des cannes de sucre pour quelque cause et occasion que ce soit, même avec la permission de leurs maîtres, à peine du fouet contre les esclave, de 10 livres tournois contre le maître qui l'aura permis et de pareille amende contre l'acheteur.
Leur défendons aussi d'exposer en vente au marché ni de porter dans des maisons particulières pour vendre aucune sorte de denrées, même des fruits, légumes, bois à brûler, herbes pour la nourriture des bestiaux et leurs manufactures, sans permission expresse de leurs maîtres par un billet ou par des marques connues; à peine de revendication des choses ainsi vendues, sans restitution de prix, pour les maîtres et de 6 livres tournois d'amende à leur profit contre les acheteurs.
Voulons à cet effet que deux personnes soient préposées par nos officiers dans chaque marché pour examiner les denrées et marchandises qui y seront apportées par les esclaves, ensemble les billets et marques de leurs maîtres dont ils seront porteurs.
Permettons à tous nos sujets habitants des îles de se saisir de toutes les choses dont ils trouveront les esclaves chargés, lorsqu'ils n'auront point de billets de leurs maîtres, ni de marques connues, pour être rendues incessamment à leurs maîtres, si leur habitation est voisine du lieu où leurs esclaves auront été surpris en délit: sinon elles seront incessamment envoyées à l'hôpital pour y être en dépôt jusqu'à ce que les maîtres en aient été avertis.
Seront tenus les maîtres de faire fournir, par chacune semaine, à leurs esclaves âgés de dix ans et au-dessus, pour leur nourriture, deux pots et demi, mesure de Paris, de farine de manioc, ou trois cassaves pesant chacune 2 livres et demie au moins, ou choses équivalentes, avec 2 livres de bœuf salé, ou 3 livres de poisson, ou autres choses à proportion: et aux enfants, depuis qu'ils sont sevrés jusqu'à l'âge de dix ans, la moitié des vivres ci-dessus.
Leur défendons de donner aux esclaves de l'eau-de-vie de canne ou guildive, pour tenir lieu de subsistance mentionnée en l'article précédent.
Leur défendons pareillement de se décharger de la nourriture et subsistance de leurs esclaves en leur permettant de travailler certain jour de la semaine pour leur compte particulier.
Seront tenus les maîtres de fournir à chaque esclave, par chacun an, deux habits de toile ou quatre aunes de toile, au gré des maîtres.
Les esclaves qui ne seront point nourris, vêtus et entretenus par leurs maîtres, selon que nous l'avons ordonné par ces présentes, pourront en donner avis à notre procureur général et mettre leurs mémoires entre ses mains, sur lesquels et même d'office, si les avis viennent d'ailleurs, les maîtres seront poursuivis à sa requête et sans frais; ce que nous voulons être observé pour les crimes et traitements barbares et inhumains des maîtres envers leurs esclaves.
Les esclaves infirmes par vieillesse, maladie ou autrement, soit que la maladie soit incurable ou non, seront nourris et entretenus par leurs maîtres, et, en cas qu'ils eussent abandonnés, lesdits esclaves seront adjugés à l'hôpital, auquel les maîtres seront condamnés de payer 6 sols par chacun jour, pour la nourriture et l'entretien de chacun esclave.
Déclarons les esclaves ne pouvoir rien avoir qui ne soit à leurs maîtres; et tout ce qui leur vient par industrie, ou par la libéralité d'autres personnes, ou autrement, à quelque titre que ce soit, être acquis en pleine propriété à leurs maîtres, sans que les enfants des esclaves, leurs pères et mères, leurs parents et tous autres y puissent rien prétendre par successions, dispositions entre vifs ou à cause de mort; lesquelles dispositions nous déclarons nulles, ensemble toutes les promesses et obligations qu'ils auraient faites, comme étant faites par gens incapables de disposer et contracter de leur chef.
Voulons néanmoins que les maîtres soient tenus de ce que leurs esclaves auront fait par leur commandement, ensemble de ce qu'ils auront géré et négocié dans les boutiques, et pour l'espèce particulière de commerce à laquelle leurs maîtres les auront préposés, et au cas que leurs maîtres ne leur aient donné aucun ordre et ne les aient point préposés, ils seront tenus seulement jusqu'à concurrence de ce qui aura tourné à leur profit, et, si rien n'a tourné au profit des maîtres, le pécule desdits esclaves que les maîtres leur auront permis d'avoir en sera tenu, après que les maîtres en auront déduit par préférence ce qui pourra leur être dû; sinon que le pécule consistât en tout ou partie en marchandises, dont les esclaves auraient permission de faire trafic à part, sur lesquelles leurs maîtres viendront seulement par contribution au sol la livre avec les autres créanciers.
Ne pourront les esclaves être pourvus d'office ni de commission ayant quelque fonction publique, ni être constitués agents par autres que leurs maîtres pour gérer et administrer aucun négoce, ni être arbitres, experts ou témoins, tant en matière civile que criminelle: et en cas qu'ils soient ouïs en témoignage, leur déposition ne servira que de mémoire pour aider les juges à s'éclairer d'ailleurs, sans qu'on en puisse tire aucune présomption, ni conjoncture, ni adminicule de preuve.
Ne pourront aussi les esclaves être parties ni être (sic) en jugement en matière civile, tant en demandant qu'en défendant, ni être parties civiles en matière criminelle, sauf à leurs maîtres d'agir et défendre en matière civile et de poursuivre en matière criminelle la réparation des outrages et excès qui auront été contre leurs esclaves.
Pourront les esclaves être poursuivis criminellement, sans qu'il soit besoin de rendre leurs maîtres partie, (sinon) en cas de complicité: et seront les esclaves accusés, jugés en première instance par les juges ordinaires et par appel au Conseil souverain, sur la même instruction et avec les mêmes formalités que les personnes libres.
L'esclave qui aura frappé son maître, sa maîtresse ou le mari de sa maîtresse, ou leurs enfants avec contusion ou effusion de sang, ou au visage, sera puni de mort.
Et quant aux excès et voies de fait qui seront commis par les esclaves contre les personnes libres, voulons qu'ils soient sévèrement punis, même de mort, s'il y échet.
Les vols qualifiés, même ceux de chevaux, cavales, mulets, bœufs ou vaches, qui auront été faits par les esclaves ou par les affranchis, seront punis de peines afflictives, même de mort, si le cas le requiert.
Les vols de moutons, chèvres, cochons, volailles, canne à sucre, pois, mil, manioc ou autres légumes, faits par les esclaves, seront punis selon la qualité du vol, par les juges qui pourront, s'il y échet, les condamner d'être battus de verges par l'exécuteur de la haute justice et marqués d'une fleur de lys.
Seront tenus les maîtres, en cas de vol ou d'autre dommage causé par leurs esclaves, outre la peine corporelle des esclaves, de réparer le tort en leur nom, s'ils n'aiment mieux abandonner l'esclave à celui auquel le tort a été fait; ce qu'ils seront tenus d'opter dans trois jours, à compter de celui de la condamnation, autrement ils en seront déchus.
L'esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l'aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d'une fleur de lis une épaule; s'il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé, et il sera marqué d'une fleur de lys sur l'autre épaule; et, la troisième fois, il sera puni de mort.
Les affranchis qui auront donné retraite dans leurs maisons aux esclaves fugitifs, seront condamnés par corps envers les maîtres en l'amende de 300 livres de sucre par chacun jour de rétention, et les autres personnes libres qui leur auront donné pareille retraite, en 10 livres tournois d'amende par chacun jour de rétention.
L'esclave sera puni de mort sur la dénonciation de son maître non complice du crime dont il aura été condamné sera estimé avant l'exécution par deux des principaux habitants de l'île, qui seront nommés d'office par le juge, et le prix de l'estimation en sera payé au maître; et, pour à quoi satisfaire, il sera imposé par l'intendant sur chacune tête de nègre payant droits la somme portée par l'estimation, laquelle sera régalé sur chacun desdits nègres et levée par le fermier du domaine royal pour éviter à frais.
Défendons aux juges, à nos procureurs et aux greffiers de prendre aucune taxe dans les procès criminels contre les esclaves, à peine de concussion.
Pourront seulement les maîtres, lorsqu'ils croiront que leurs esclaves l'auront mérité les faire enchaîner et les faire battre de verges ou cordes. Leur défendons de leur donner la torture, ni de leur faire aucune mutilation de membres, à peine de confiscation des esclaves et d'être procédé contre les maîtres extraordinairement.
Enjoignons à nos officiers de poursuivre criminellement les maîtres ou les commandeurs qui auront tué un esclave étant sous leur puissance ou sous leur direction et de punir le meurtre selon l'atrocité des circonstances; et, en cas qu'il y ait lieu à l'absolution, permettons à nos officiers de renvoyer tant les maîtres que les commandeurs absous, sans qu'ils aient besoin d'obtenir de nous Lettres de grâce.
Déclarons les esclaves être meubles et comme tels entrer dans la communauté, n'avoir point de suite par hypothèque, se partager également entre les cohéritiers, sans préciput et droit d'aînesse, n'être sujets au douaire coutumier, au retrait féodal et lignager, aux droits féodaux et seigneuriaux, aux formalités des décrets, ni au retranchement des quatre quints, en cas de disposition à cause de mort et testamentaire.
N'entendons toutefois priver nos sujets de la faculté de les stipuler propres à leurs personnes et aux leurs de leur côté et ligne, ainsi qu'il se pratique pour les sommes de deniers et autres choses mobiliaires.
Seront dans les saisies des esclaves observées les formes prescrites par nos ordonnances et les coutumes pour les saisies des choses mobilières. Voulons que les deniers en provenant soient distribués par ordre de saisies; ou, en cas de déconfiture, au sol la livre, après que les dettes privilégié auront été payées et généralement que la condition des esclaves soit réglée en toutes affaires comme celle des autres choses mobiliaires, aux exceptions suivantes.
Ne pourront être saisis et vendus séparément le mari, la femme et leurs enfants impubères, s'ils sont tous sous la puissance d'un même maître; déclarons nulles les saisies et ventes séparées qui en seront faites; ce que nous voulons avoir lieu dans les aliénations volontaires, sous peine, contre ceux qui feront les aliénations, d'être privés de celui ou de ceux qu'ils auront gardés, qui seront adjugés aux acquéreurs, sans qu'ils soient tenus de faire aucun supplément de prix.
Ne pourront aussi les esclaves travaillant actuellement dans les sucreries, indigoteries et habitations, âgés de quatorze ans et au-dessus jusqu'à soixante ans, être saisis pour dettes, sinon pour ce qui sera dû du prix de leur achat, ou que la sucrerie, indigoterie, habitation, dans laquelle ils travaillent soit saisie réellement; défendons, à peine de nullité, de procéder par saisie réelle et adjudication par décret sur les sucreries, indigoteries et habitations, sans y comprendre les nègres de l'âge susdit y travaillant actuellement.
Le fermier judiciaire des sucreries, indigoteries, ou habitations saisies réellement conjointement avec les esclaves, sera tenu de payer le prix entier de son bail, sans qu'il puisse compter parmi les fruits qu'il perçoit les enfants qui seront nés des esclaves pendant son bail.
Voulons, nonobstant toutes conventions contraires, que nous déclarons nulles, que lesdits enfants appartiennent à la partie saisie, si les créanciers sont satisfaits d'ailleurs, ou à l'adjudicataire, s'il intervient un décret; et, à cet effet, il sera fait mention dans la dernière affiche, avant l'interposition du décret, desdits enfants nés esclaves depuis la saisie réelle. Il sera fait mention, dans la même affiche, des esclaves décédés depuis la saisie réelle dans laquelle ils étaient compris.
Voulons, pour éviter aux frais et aux longueurs des procédures, que la distribution du prix entier de l'adjudication conjointe des fonds et des esclaves, et de ce qui proviendra du prix des baux judiciaires, soit faite entre les créanciers selon l'ordre de leurs privilèges et hypothèques, sans distinguer ce qui est pour le prix des fonds d'avec ce qui est pour le prix des esclaves.
Et néanmoins les droits féodaux et seigneuriaux ne seront payés qu'à proportion du prix des fonds.
Ne seront reçus les lignagers et seigneurs féodaux à retirer les fonds décrétés, s'ils ne retirent les esclaves vendus conjointement avec fonds ni l'adjudicataire à retenir les esclaves sans les fonds.
Enjoignons aux gardiens nobles et bourgeois usufruitiers, amodiateurs et autres jouissants des fonds auxquels sont attachés des esclaves qui y travaillent, de gouverner lesdits esclaves comme bons pères de famille, sans qu'ils soient tenus, après leur administration finie, de rendre le prix de ceux qui seront décédés ou diminués par maladie, vieillesse ou autrement, sans leur faute, et sans qu'ils puissent aussi retenir comme fruits à leur profit les enfants nés desdits esclaves durant leur administration, lesquels nous voulons être conservés et rendus à ceux qui en sont maîtres et les propriétaires.
Les maîtres âgés de vingt ans pourront affranchir leurs esclaves par tous actes vifs ou à cause de mort, sans qu'ils soient tenus de rendre raison de l'affranchissement, ni qu'ils aient besoin d'avis de parents, encore qu'ils soient mineurs de vingt-cinq ans.
Les esclaves qui auront été fait légataires universels par leurs maîtres ou nommés exécuteurs de leurs testaments ou tuteurs de leurs enfants, seront tenus et réputés, les tenons et réputons pour affranchis.
Déclarons leurs affranchissements faits dans nos îles, leur tenir lieu de naissance dans nosdites îles et les esclaves affranchis n'avoir besoin de nos lettres de naturalité pour jouir des avantages de nos sujets naturels de notre royauté, terres et pays de notre obéissance, encore qu'ils soient nés dans les pays étrangers.
Commandons aux affranchis de porter un respect singulier à leurs anciens maîtres, à leurs veuves et à leurs enfants, en sorte que l'injure qu'ils leur auront faite soit punie plus grièvement que si elle était faite à une autre personne: les déclarons toutefois francs et quittes envers eux de toutes autres charges, services et droits utiles que leurs anciens maîtres voudraient prétendre tant sur leurs personnes que sur leurs biens et successions en qualité de patrons.
Octroyons aux affranchis les mêmes droits, privilèges et immunités dont jouissent les personnes nées libres; voulons que le mérite d'une liberté acquise produise en eux, tant pour leurs personnes que pour leurs biens, les mêmes effets que le bonheur de la liberté naturelle cause à nos autres sujets.
Déclarons les confiscations et les amendes qui n'ont point de destination particulière, par ces présentes nous appartenir, pour être payées à ceux qui sont préposés à la recette de nos droits et de nos revenus; voulons néanmoins que distraction soit faite du tiers desdites confiscations et amendes au profit de l'hôpital établi dans l'île où elles auront été adjugées.
Si donnons l’ordre à nos aimés et loyaux gens tenant notre conseil souverain établi à la Martinique, Guadeloupe, Saint-Christophe, que ces présentes ils aient à les faire lire, publier et enregistrer, et le contenu en elles garder et observer de point en point selon leur forme et teneur, sans contrevenir ni permettre qu’il y soit contrevenu en quelque sorte et manière que ce soit, nonobstant tous édits, déclarations, arrêts et usages, auxquels nous avons dérogé et dérogeons par ces dites présentes, car tel est notre plaisir.
Et enfin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous y avons fait mettre notre sceau.
Donné à Versailles au mois de mars 1685.
Signé : Louis le quatorzième
Liberté, Égalité, Fraternité
Au nom du Peuple français
Le Gouvernement provisoire,
Considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine ;
Qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ;
Qu'il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Égalité, Fraternité.
Considérant que si des mesures effectives ne suivaient pas de très-près la proclamation déjà faite du principe de l'abolition, il en pourrait résulter dans les colonies les plus déplorables désordres,
Décrète :
Art. 1.
L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d'elles. A partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront absolument interdits.
Art. 2.
Le système d'engagement à temps établi au Sénégal est supprimé.
Art. 3.
Les gouverneurs ou commissaires généraux de la République sont chargés d'appliquer l'ensemble des mesures propres à assurer la liberté à la Martinique, à la Guadeloupe et dépendances, à l'Isle de la Réunion, à la Guyane, au Sénégal et autres établissements français de la côte occidentale d'Afrique, à l'Isle Mayotte et dépendances et en Algérie.
Art. 4.
Sont amnistiés les anciens esclaves condamnés à des peines afflictives ou correctionnelles pour des faits qui, imputés à des hommes libres, n'auraient point entraîné ce châtiment. Sont rappelés les individus déportés par mesure administrative.
Art 5.
L'assemblée nationale réglera la quotité de l'indemnité qui devra être accordée aux colons.
Art. 6.
Les colonies purifiées de la servitude et les possessions de l'Inde seront représentées à l'assemblée nationale.
Art. 7.
Le principe que le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche, est appliqué aux colonies et possessions de la République.
Art. 8.
À l'avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, d'acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement, à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînera la perte de la qualité de citoyen français.Néanmoins les Français qui se trouveront atteints par ces prohibitions, au moment de la promulgation du présent décret, auront un délai de trois ans pour s'y conformer. Ceux qui deviendront possesseurs d'esclaves en pays étrangers, par héritage, don ou mariage, devront, sous la même peine, les affranchir ou les aliéner dans le même délai, à partir du jour où leur possession aura commencé.
Art. 9.
Le ministre de la marine et des colonies, et le ministre de la guerre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.
Fait à Paris, en conseil de Gouvernement, le 27 avril 1848.
Les membres du Gouvernement provisoire, Dupont (de l'Eure), Lamartine, Armand Marrast, Garnier-Pagès, Albert, Marie, Ledru-Rollin, Flocon,Crémieux, Louis Blanc, Arago.
Le secrétaire général du Gouvernement provisoire.
La Commémoration
Louis DELGRES, officier français originaire des Antilles, mort pour l'abolition de l'esclavage proclamait ceci le 10 mai 1802 :
"... les maximes de la tyrannie la plus atroce sont surpassées aujourd'hui. Nos anciens tyrans permettaient à un maître d'affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la Philosophie, il existe des homes (...) qui ne veulent voir d'homes noirs ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l'esclavage. (...) La résistance à l'oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause. Elle est celle de la Justice et de l'Humanité.
(Mes respects Monsieur DELGRES !)
Cette journée du 10 mai est donc dédiée aux résistants de 1802 (Ignace, Solitude, Delgrès...).
Mir-France (Mouvement International pour les Réparations veulent :
- Que le 10 mai devienne jour FERIE
- Que les rues portant les noms des négriers soient DEBAPTISEES.
Cette commémoration s'inscrit dans la continuité des manifestations organisées depuis 1998, qui ont abouti à l'adoption en mai 2001 d'une loi reoconnaissant la traite et l'esclavage comme CRIMES CONTRE L'HUMANITE. La loi n°2001-434 de mai 2001 a permis au gouvernement de fixer le 10 mai, date officielle de commémoration nationale.
Jour symbolique, s'il en est un, puisque date anniversaire de l'appel lancé par DELGRES et ses compagnons, exhortant la population de la Guadeloupe à résister par tous les moyens au rétablissement de l'esclavage par Napoléon en 1802.
|
|